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Notes historiques sur la paroisse religieuse de L’Épiphanie

NOS PRESBYTÈRES
ET LEURS AMÉNAGEMENTS SUCCESSIFS

Notre PREMIER PRESBYTÈRE n’était pas celui que nous avons actuellement, mais presque…
Et voici pourquoi.

    Bien que différent, d’aspect, ce presbytère était situé exactement à l’endroit où se trouve le bâtiment actuel. Il s’agissait d’une construction d’un seul étage comprenant une bâtisse principale, réservée aux prêtres, et une annexe plus ou moins indépendante logeant les pièces réservées à la ménagère La bâtisse avait une dimension de 44 pieds sur 36 de large, des murs de 12 pieds de haut, un grenier avec trois lucarnes et une toiture en forme de comble (comme les anciennes maisons de l’époque: on dirait aujourd’hui de style «maison canadienne»). C’est sur le côté ouest que se trouvait la rallonge abritant une sorte de cuisine et les quartiers de la ménagère. Le tout était entouré d’une grande galerie sur la façade de la bâtisse principale et une entrée plus petite menant à la rallonge. Fait à noter, cette construction terminée en 1857 était recouverte en pierres des champs (grises, brunes, noires et beiges) tout comme la première église, édifiée en 1855. Le tout était harmonieux, élégant et sans prétention et correspondait bien à la façon de construire les petites églises de village à cette époque.

Ce premier presbytère fut l’œuvre d’un des nôtres, monsieur Léon Magnan menuisier de L’Épiphanie. (Il était alors âgé de 44 ans et sa femme se nommait Élisabeth Laporte. Cet artisan pratiqua son métier avec art jusqu’à son décès en juin 1874.

Or que s’est-il passé pour que nous en arrivions ensuite à cette
bâtisse à deux étages et en pierres taillées grises, datant de 1901?

L’histoire nous apprend que notre première église fut malheureusement la proie des flammes 28 ans à peine après sa construction, soit un 28 janvier 1885. Il est facile d’imaginer que la consternation des paroissiens fut totale, tout comme ce fut le cas plus récemment pour nous, lors de la destruction de notre seconde église, en avril 1991. Toutefois, tout comme en 1991, le vieux presbytère, fort heureusement, ne fut pas touché.

Nos valeureux ancêtres ne tardèrent pas à se remettre à la tâche et, en moins de quelques années, s’éleva au centre du village une autre église fantastiquement belle, recouverte en pierres de taille grises. 1 Résultat? Avec ses luxueuses pierres de taille grise, cette seconde église se retrouvait maintenant fort différente du presbytère. Peu à peu, on peut croire que les paroissiens fréquentant leur nouvelle église, entre les années 1887 et 1901, durent se désoler que les deux édifices voisins se retrouvent avec des styles assez désassortis. Mais outre la raison esthétique, plusieurs autres raisons expliquent le choix de nos paroissiens.


1. On sait qu’au tournant du XXe siècle au Canada français, la pratique religieuse était très intense, et le clergé jouait un rôle très important dans les paroisses, la population vénérait ses prêtres et avait à cœur de leur procurer une vie confortable et à bien les loger. . L’industrialisation progressive, consécutive à l’arrivée de la première voie en 1889, avait modifié l’ancien petit hameau agricole qui était devenu un gros village en pleine croissance (1200 habitants) et le Village s’apprêtait à accueillir sa deuxième voie ferrées (en 1904). Comme tous ces Épiphaniens d’alors étaient sans exception de fervents catholiques, les messes et les fêtes religieuses étaient nombreuses et les édifices religieux, très fréquentées.

2. Au presbytère tout particulièrement, l’activité était débordante À cette époque, les registres nous révèlent que l’édifice abritait non seulement le curé et ses deux vicaires, mais 4 autres prélats: 3 prêtres retraités, plus l’ancien curé y vivaient aussi: donc sept ecclésiastiques au total. Cela faisait beaucoup de monde à loger, sans compter qu’il fallait aussi héberger à l’occasion quelques visiteurs comme l’évêque et d’autres prêtres missionnaires de passage.

L’ancienne construction de 1855 était donc devenue nettement trop petite et me correspondait plus aux nouveaux besoins de la paroisse. Que faire alors ?

L’idée à la base de la grande rénovation du presbytère en 1901 semble d’avoir été non pas de détruire mais d’adapter la construction existante. Ainsi, les travaux consistèrent principalement dans l’ajout d’un deuxième étage et la réfection en profondeur de l’intérieur (installation d’escaliers, de boiseries, etc.) Cette fois-là, bien entendu, on en profita pour mettre un recouvrement s’harmonisant avec la nouvelle église de 1887, soit de la pierre taillée grise. Toutefois, la dimension du rectangle des fondations demeura la même, mais la nouvelle toiture fut de forme plate. Toutes ces rénovations furent confiées à l’architecte L.Z. Gauthier. La charpente et la menuiserie furent confiées à Camille Pleau, artisan de grand talent de L’Épiphanie. Le presbytère était évalué à 13000$ ce qui représentait une somme assez fabuleuse à l’époque.


Le tout nouvel aspect du presbytère de 1901

Ce nouveau presbytère fut béni le 20 octobre 1902 par François-Joseph Prud’Homme, curé retraité. Par la suite, à maintes reprises, des rénovations et des réparations furent entreprises. Les plus importantes se produisirent il y a un peu plus d'un demi-siècle, soit en septembre 1950 et comprirent des travaux d’électricité, de menuiserie, de peinture, de plomberie, l’ajout d’une fournaise et d’une voûte, l’installation d’une cheminée et le terrassement. D’autres rénovations devenues essentielles à cause du passage du temps furent également exécutées sous l’impulsion du curé Gaston Charbonneau, au cours des années ‘80, cette fois sous forme de corvée paroissiale par une équipe de bénévoles. Et on connaît la suite…

Le presbytère de 1950, après la grande rénovation

Photo de notre presbytère en 1995
Notre presbytère photographié en 1995

Rédaction : Jocelyne Laurin,
d’après les notes historiques laissées par M.Ange-Albert Joly
et le recueil de photos anciennes de M. Amédée Poitras
Nous les remercions de leur précieuse collaboration.--

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